Conditions carcérales

Gabon : l’opposant Ballack Obame de nouveau en danger de mort en prison

Gabon : l’opposant Ballack Obame de nouveau en danger de mort en prison
Gabon : l’opposant Ballack Obame de nouveau en danger de mort en prison © 2020 D.R./Info241
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Emprisonné depuis un an à la prison centrale de Libreville pour une nébuleuse affaire de « complicité d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat  » pour le coup d’Etat manqué du 7 janvier du lieutenant Kelly Ondo Obiang, l’opposant Ballack Obame a été placé à l’isolement depuis le dimanche 9 février 2020. Une volonté manifeste d’attenter à sa vie, déplore son entourage.

Lire aussi >>> Ballack Obame à nouveau placé en cellule d’isolement à la prison centrale de Libreville

Arrêté en compagnie d’anciens syndicalistes étudiants et membres de l’Union nationale parmi lesquels Firmin Ollo’o Obiang le 21 Janvier 2019, Ballack Obame avait été conduit au siège de la Direction générale des contres ingérences et de la sécurité militaire (DGCISM - communément appelé B2) où il a été interrogé avant d’être transféré à la prison centrale de Libreville le 8 février 2019 à 3 heures du matin.

Rapports fantasmés avec le lieutenant Kelly Ondo Obiang

Ballack Obame est accusé d’avoir pris part à la tentative « Coup d’Etat du 7 Janvier » 2019 au cours de laquelle le lieutenant Kelly Ondo Obiang a lancé un appel à l’insurrection. Parmi les « preuves » de la participation de Ballack Obame au « coup d’état » présentées par les agents du B2, il y a l’amitié entre Ballack Obame et Kelly Ondo Obiang… sur Facebook. On reproche également à Ballack Obame d’avoir reçu un « appel » du lieutenant Kelly Ondo Obiang le jour du « coup d’état ». En réalité, Kelly Ondo Obiang avait tenté le 7 Janvier 2019, de rallier l’ancien syndicaliste étudiant à sa cause sans succès.

Ballack Obame, il y a 4 ans

Lors d’un interrogatoire à la Direction générales de la contre-ingérence et de la sécurité militaire, le B2, le lieutenant Kelly Ondo Obiang a d’ailleurs formellement démenti avoir Ballack Obame pour complice. Ce qui n’a pas convaincu « les enquêteurs » qui ont décidé de le garder pendant une dizaine de jours dans une cellule située au sous-sol du B2.

« Adjudant Ballack Obame »

Ballack Obame qui n’a jamais été militaire de sa vie est pourtant incarcéré en tant que militaire ! Et comme les autorités gabonaises ne font jamais les choses absurdes à moitié, on lui a même donné le grade d’adjudant, lui qui n’a que 27 ans ! En réalité, ce statut n’est pas si absurde que cela. En effet, le « statut militaire » de l’ancien syndicaliste étudiant lui permet de « bénéficier » d’un « traitement particulier », autrement dit plus sévère dans une « prison-bidonville » où les conditions de détention « normales » sont déjà terriblement inhumaines.

Persécutions

A son arrivée Ballack Obame est placé à l’isolement dans un quartier de la prison centrale de Libreville nommé « quartier disciplinaire ». Ce quartier disciplinaire situé à l’abri des regards des visiteurs de la prison centrale de Libreville est « interdit à toutes personne étrangère au service ».

Construits dans les années 60 et destiné aux prisonniers politiques, le quartier disciplinaire est composé d’une quinzaine de cellules en béton de 2 mètres sur 2. Ces cellules sont plongées dans l’obscurité, sans eau, ni latrines... Les prisonniers privés de leurs vêtements et très souvent enchaînés sont contraints de faire leurs besoins dans des sachets en plastique quand ils en ont et dorment à même le sol.

Et dernier fait cruel : leur alimentation dépend exclusivement de la générosité des autres prisonniers et du bon vouloir des gardiens de prison sachant que les prisonniers ne sont nourris que 5 jours sur 7 et doivent eux-mêmes préparer leur maigre pitance. Personne ne sait si Ballack Obame mange régulièrement. Ce que l’on sait, c’est que dans ces cellules, la santé des détenus se dégrade très rapidement. Et que même lorsqu’ils sont libérés, les anciens détenus qui y on « séjourné » souffrent souvent de séquelles à vie.

En danger de mort

Placé à nouveau en quartier disciplinaire sans motif - mais avec une volonté manifeste de se débarrasser d’un opposant jeune et incorruptible - on peut affirmer que les jours de l’ancien syndicaliste étudiant gabonais et opposant au régime d’Ali Bongo sont gravement en danger. Si Ballack Obame a pu survivre à son premier placement en quartier disciplinaire grâce à sa très grande résilience, on peut affirmer qu’un nouveau placement en isolement aura dans le meilleur des cas, des effets désastreux et irréversibles sur sa santé et dans le pire des cas pourrait lui coûter la vie.

C’est donc un crime qui est orchestré et mis en œuvre contre ce jeune opposant Gabonais. Un crime qu’est déjà prêt à assumer fièrement le régime d’Ali Bongo qui l’a déjà tellement persécuté et torturé.


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