Histoire

Il y a un an, le commando de Kelly Ondo Obiang tentait de renverser Ali Bongo malade

Il y a un an, le commando de Kelly Ondo Obiang tentait de renverser Ali Bongo malade
Il y a un an, le commando de Kelly Ondo Obiang tentait de renverser Ali Bongo malade © 2020 D.R./Info241
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Le 7 janvier 2019, le Gabon a vécu le second coup d’Etat manqué de son histoire. En effet, le jeune lieutenant Kelly Ondo Obiang (26 ans) et ses hommes ont tenté de renverser le régime cinquantenaire de la famille Bongo à la tête du Gabon. L’opération baptisée « opération dignité » visait à mettre en place une « transition démocratique » devant l’incapacité manifeste d’Ali Bongo à demeurer au pouvoir. Les autorités militaires avaient répliqué en assassinant deux des 6 membres du commando qui avait pris d’assaut la radio nationale pour délivrer leur appel à l’insurrection.

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L’AVC d’Ai Bongo le 24 octobre 2018 a eu de graves retentissements sur l’Etat de santé du Gabon. Des militaires de la Garde républicaine aidés de gendarmes, avaient assaillit dès 4h du matin, ce 7 janvier 2019, le siège de la radio publique nationale pour y délivrer un message "patriotique" face à un flou qui n’avait que trop duré. Le lieutenant Kelly Ondo Obiang se disant à la tête du Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité du Gabon (MPJFDS), avait appelé à faire cesser les "manœuvres de manipulation et de théâtralisation" autour de la santé d’Ali Bongo jugé inapte à diriger le pays car très malade.

Un acte patriotique

Cette « opération dignité » du MPJFDS, avait été suscité par le discours alambiqué d’Ali Bongo prononcé quelques jours auparavant... le 31 décembre 2018. Dans leur déclaration diffusée en boucle sur la radio d’Etat ce 7 janvier aux aurores, Kelly Ondo Obiang déplorait que "Le message à la nation du chef de l’Etat Ali Bongo visant à clore rapidement le débat sur sa santé, a plutôt renforcé les doutes sur sa capacité à assumer les lourdes charges liées à la fonction de président de la République". Dénonçant ainsi la mise en scène d’"un malade dépourvu de plusieurs de ses facultés physiques et mentales".

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Les insurgés avaient appelés l’armée et le peuple à prendre leur destin en main face à la complicité de "la haute hiérarchie militaire" et aux "conservateurs acharnés du pouvoir" de la famille Bongo. Un message que n’avait justement pas été entendu par ceux-ci qui ont immédiatement mis en place une riposte armée contre les assaillants "patriotiques" qui s’étaient établis à la Maison George Rawiri. Le gouvernement pris ainsi la décision d’y déloger les insurgés par la force. La besogne meurtrière sera alors confiée à une unité clandestine, la Section d’intervention spéciale (SIS) de la Garde républicaine.

Une réponse sanglante des autorités

Durant l’assaut du SIS, attribué officiellement aux gendarmes du GIGN, le sergent Alex Philippe Nze Cekirge Kirkor et l’adjudant Simon-Pierre Ekong seront froidement assassinés peu après 8h. Plutôt que d’obtenir la reddition de leur collègue, l’unité d’intervention aurait usé de snipers pour abattre les deux hommes dont les corps ont été exhibés ensanglantés sur le toit de cet immeuble abritant les services de la radio publique. S’en suivra une série d’arrestations de militants de l’opposition dont des jeunes de l’Union nationale (UN) dont Ballack Obame fût depuis jeté en prison pour complicité présumée avec le commando du MPJFDS.

Les corps sans vie des deux membres du commando

Depuis cet assaut meurtrier, le parquet de Libreville avait annoncé le 9 janvier 2019, la mise sous mandat de dépôt du lieutenant Kelly Ondo Obiang (26 ans, originaire de Mitzic), de l’adjudant Estimé Bidima Manongo (39 ans, originaire de Koulamoutou), du sergent-chef major Dimitri Wilfried Nze Minkom (40 ans, originaire de Bakoumba) et du sergent-chef Abel Ralem Ango (32 ans, originaire de Libreville). Depuis plus aucune communication officielle sur ce coup d’Etat manqué que n’a à ce jour pas condamné le principal concerné Ali Bongo. Rien non plus sur les circonstances ayant entraîné la mort de Simon-Pierre Ekong et d’Alex Philippe Nze Cekirge Kirkor.


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