Mortalité infantile

Mortinaissance : Toutes les 16 secondes, un bébé meurt à la naissance dans le monde

Mortinaissance : Toutes les 16 secondes, un bébé meurt à la naissance dans le monde
Mortinaissance : Toutes les 16 secondes, un bébé meurt à la naissance dans le monde © 2020 D.R./Info241

Près de 2 millions de bébés sont mort-nés chaque année - soit un toutes les 16 secondes - selon les premières estimations conjointes de la mortinatalité contenu dans un rapport publié hier par l’UNICEF, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Groupe de la Banque mondiale et la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies.

Selon ce rapport intitulé « Une tragédie négligée : le fardeau mondial de la mortinatalité  » publié le 7 octobre, la grande majorité des mortinaissances, soit 84%, se produisent dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire inférieur. En 2019, 3 mort-nés sur 4 sont nés en Afrique subsaharienne ou en Asie du Sud. Le rapport définit une mortinaissance comme étant un bébé né sans signe de vie à 28 semaines de grossesse ou plus.

Une mortalité évitable

« Accueillir un bébé dans le monde devrait être un moment de grande joie, mais chaque jour des milliers de parents éprouvent une tristesse insupportable parce que leurs bébés sont morts-nés », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Au-delà de la souffrance et de la perte de vies humaines, les coûts psychologiques et financiers pour les femmes, les familles et les sociétés sont graves et durables. Or la majorité des mortinaissances auraient pu être évitées grâce à un suivi de qualité, des soins prénataux appropriés et une aide à l’accouchement qualifiée, affirme l’ONU.

Le rapport avertit que la pandémie de Covid-19 pourrait aggraver le nombre de mortinaissances dans le monde. Une réduction de 50% des services de santé due à la pandémie pourrait provoquer près de 200.000 mort-nés supplémentaires sur une période de 12 mois dans 117 pays à faible et moyen revenu, soit une augmentation de 11,1% du nombre de mortinaissances.

La mauvaise qualité des soins

La plupart des mortinaissances sont dues à la mauvaise qualité des soins pendant la grossesse et l’accouchement. Le manque d’investissements dans les services prénatals et intra-partum et dans le renforcement du personnel infirmier et des sages-femmes sont les principaux défis à relever, selon le rapport. Plus de 40% des mortinaissances ont lieu pendant l’accouchement, une perte qui pourrait être évitée si l’on disposait d’un personnel de santé qualifié lors de l’accouchement et de soins obstétriques d’urgence en temps utile.

Environ la moitié des mortinaissances en Afrique subsaharienne et en Asie centrale et du Sud surviennent pendant l’accouchement, contre 6% en Europe, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande. La moitié des 117 pays analysés dans le rapport ont une couverture qui va de moins de 2% à 50% seulement pour huit interventions importantes en matière de santé maternelle, telles que la césarienne, la prévention du paludisme, la gestion de l’hypertension pendant la grossesse et la détection et le traitement de la syphilis.

On estime que moins de la moitié des femmes enceintes qui en ont besoin bénéficient d’une couverture pour l’accouchement vaginal assisté - une intervention essentielle pour prévenir les mortinaissances pendant le travail. En conséquence, malgré les progrès des services de santé pour prévenir ou traiter les causes de décès des enfants, les progrès dans la réduction du taux de mortinatalité ont été lents.

De 2000 à 2019, le taux annuel de réduction du taux de mortinatalité n’a été que de 2,3%, contre une réduction de 2,9% de la mortalité néonatale et de 4,3% de la mortalité des enfants âgés de 1 à 59 mois. Des progrès sont toutefois possibles grâce à une politique, des programmes et des investissements judicieux.


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