Droits de l’Homme

Patrichi Tanasa torturé en prison par trois agents encagoulés

Patrichi Tanasa torturé en prison par trois agents encagoulés
L’ancien patron de Gabon Oil Company Patrichi Tanasa © 2020 D.R./Info241

Le régime d’Ali Bongo continue de faire payer le lourd tribut à ses anciens serviteurs tombés en disgrâce. Après la vaste opération judiciaire qui a jeté en prison les proches de l’ancien directeur de cabinet présidentiel Brice Laccruche Alihanga Fargeon, voilà que la torture s’invite dans les murs de la prison centrale de Libreville. C’est ce qu’a conté cet après-midi, l’avocat de l’ancien ADG de Gabon Oil Company (GOC), Patrichi Tanasa Mbadinga, qui aurait été torturé dans la nuit de samedi à dimanche dans sa cellule d’isolement sans que ceci n’émeuvent les autorités carcérales.

Lire aussi >>> L’Ajevien Patrichi Tanasa désormais incarcéré à la prison centrale de Libreville

La torture carcérale institutionnelle

Les anciens amis du régime d’Ali Bongo sont en sécurité nul part surtout pas à la prison centrale de Libreville contrôlée par les autorités officielles. L’Ajevien Patrichi Tanasa l’un des premiers a avoir été jeté en prison dans le cadre de la vaste opération « scorpion » des autorités, l’aura appris à ses dépens dans la nuit de samedi à dimanche. Selon son avocat Anges Kevin Nzigou qui tenait un point presse ce mercredi, l’ancien patron de la GOC aurait eu la désagréable visite de trois agents encagoulés.

La prison de Libreville où aurait eu lieu ces tortures illégales

Alors qu’il se trouvait dans sa cellule, trois agents de la prison qui ont pris soin de porter des cagoules, lui ont rendu visite peu après 2h du matin ce week-end. Après lui avoir demandé de se dénuder, ils auraient martyrisé en guise de punition les testicules de ce prisonnier, accusé par la justice gabonaise de détournement de fonds publics. Une bien curieuse manière de rendre la justice au nom du peuple gabonais, surtout que les matons cagoulés ont menacé de violer son épouse et de tuer ses enfants si jamais celui-ci révélait les actes de torture qu’il venait de subir.

« Ils l’ont ligotés mains derrière le dos. Ils lui ont demandé de se coucher à plat ventre, les jambes écartées. Saisi à chacune des jambes par un agent, il recevait des coups dans les testicules, administrés par le 3ème agent à l’aide d’une épaisse corde nouée à son extrémité », a décrit l’avocat du détenu. Avant d’ajouter : « Il a reçu plusieurs coups de nœuds dans les testicules pendant un bon moment, avant de le retourner genoux plaqués sur la tempe, jambes toujours écartées pour recevoir des coups de nœud sur le pénis. Il recevra à cette occasion également plusieurs coups de poings et de genoux, dans les cotes et les hanches ».

L’avocat Anges Kevin Nzigou au cours de cette conférence de presse

Des ramifications présidentielles

Une mésaventure qui a contraint l’avocat de l’ancien patron de Gabon Oil Company à saisir le procureur de la République et les responsables de la prison de Libreville pour obtenir l’ouverture d’une enquête et situer les responsabilités de ces actes de torture commis dans un endroit pourtant hautement sécurisé. Durant sa conférence de presse, l’avocat du prisonnier torturé n’a pas écarté l’hypothèse d’agents des services spéciaux de la Présidence gabonaise, comme étant à l’origine de cette descente punitive au sein de la prison gabonaise.

Des actes qui viennent révéler au grand jour, les conditions inhumaines, les maltraitances et les nombreuses punitions dont sont victimes les détenus de la plus grande prison du pays qui a encore changé de directeur cette semaine. La prison centrale de Libreville appelée aussi « Sans-Famille », semble devenue le terrain de jeu du régime qui enferme ses adversaires politiques et plus récemment ses anciens cadres, accusés à tord ou à raison d’avoir ambitionné de renverser Ali Bongo.


Newsletter de Info241.com

Inscrivez-vous maintenant pour recevoir notre newsletter quotidienne


Info241.com s'engage à ne pas vous envoyer de messages non sollicités. Si vous changez d'avis, vous pourrez vous désabonner de cette newsletter à tout moment.

Commenter l'article