Front social

Régies financières : le gouvernement brandit la suppression de la prime aux grévistes !

Régies financières : le gouvernement brandit la suppression de la prime aux grévistes !
Régies financières : le gouvernement brandit la suppression de la prime aux grévistes ! © 2020 D.R./Info241

À l’issue du conseil des ministres d’hier, vendredi 20 novembre 2020, le gouvernement gabonais a durci le ton vis-à-vis des régies financières en grève depuis bientôt 5 mois. Une position expliquée ce samedi à la salle Arambo de l’immeuble bercy par trois des ministres concernés par cette crise.



En convoquant une conférence ce samedi à 10h, l’opinion a cru à une décrispation des tensions qui opposent depuis plus de 4 mois, les personnels de l’administration publique et ceux du parapublic évoluant dans les régies financières et leur différentes tutelles. Il n’en fut rien ! Sosthène Ossoungou Ndibangoye du ministère du Budget et des Comptes publics, Madeleine Berre de la Fonction publique et Nicole Roboty-Mbou, ministre déléguée à l’Economie, représentant Michel Ogandaga, sont venus devant la presse, expliquer de long en large leur option face aux revendications des grévistes.

Les trois membres du gouvernement au cours de leur conférence de presse ce samedi à Libreville

En fait, en guise d’option choisie, le gouvernement, plutôt que de proposer des concessions aux partenaires sociaux dans l’optique d’une décrispation du climat social, s’est malheureusement arcbouté derrière l’explication des termes et autres modifications qui vont désormais encadrer l’octroi des primes réclamées par les grévistes entre autres conditions.

« Désormais, seuls les salariés méritants seront récompensés par la prime. Il est injuste qu’un salarié qui n’accomplit pas correctement ses tâches, soit récompensé au même titre que celui jugé efficace », a scandé plusieurs fois revenu le trio ministériel. Une posture qui laisse déjà présager d’un raidissement en face. Ce d’autant plus que qu’il est apparu tellement léger dans cette salle que trois responsables de ce calibre aient jugé utile de se déplacer pour si peu.

Autrement dit, en conditionnant ainsi une prime qui est reconnue par le gouvernement lui-même, il est déjà à prévoir les énormes dérapages qui en découleront si jamais cette mesure est mise en pratique. Car, qui garantira de façon absolue l’impartialité de ceux qui seront en charge de distinguer les méritants des non méritants ? Quels seront les critères déterminant le bon travailleur du paresseux quand on sait le clientélisme ambiant au sein des administrations gabonaises ?

"Il est clair que le gouvernement, incapable d’apporter des solutions concrètes aux problèmes des travailleurs gabonais, vient d’opter pour ce qu’il sait le mieux faire. C’est-à-dire la brimade et l’intimidation. C’est même très dangereux. Entendu qu’en menaçant comme il a fait ce jour, il est à craindre que c’est le droit de grève, la liberté d’expression et même la protection sociale qui sont pourtant reconnus au Gabon qui commencent à être ainsi clairement remis en cause", nous rapporte un observateur sous couvert d’anonymat.

Visiblement irritée durant la conférence de presse, Madeleine Berre, la ministre de la Fonction publique, tout en brandissant cette épée de Damoclès sur la tête de Pierre Mintsa et compagnie, s’est efforcé vainement de démontrer combien son gouvernement et lui-même accomplissent de grandes choses depuis plusieurs années choses allant dans le sens de l’amélioration des revendications des fonctionnaires.

Quant à son collègue du Budget, évasif comme jamais dans la phase question-réponses, il n’a pu avancer une seule statistique de la situation actuelle de l’économie gabonaise, en dépit des questions de certains confrères présents dans la salle. C’est le cas d’une interpellation au sujet de la fausse dette actuellement au centre de tous les débats et dans laquelle il serait impliqué.


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