Chantage politique

Ali Bongo aurait proposé la vice-présidence du Gabon contre excuses à Bertrand Zibi Abeghe

Ali Bongo aurait proposé la vice-présidence du Gabon contre excuses à Bertrand Zibi Abeghe
Ali Bongo aurait proposé la vice-présidence du Gabon contre excuses à Bertrand Zibi Abeghe © 2022 D.R./Info241

C’est ce qui ressort d’un courrier daté du 13 juin du prisonnier politique et ancien député de Bollosoville (Woleu-Ntem) Bertrand Zibi Abeghe. En prison depuis 2016 pour des mobiles très flous, Ali Bongo multiplierait toujours les médiations pour voir revenir son ancien allié auprès de lui. La dernière conciliation remontrait au 23 mai dernier avec la proposition de faire de lui le nouveau vice-président en échange de son ralliement à Ali Bongo, assorti d’une lettre de pardon et d’excuses.

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Ali Bongo continue de souffrir des nombreuses défections qui ont emmaillé ses rangs avant et durant la présidentielle gabonaise de 2016 qui s’est soldée officiellement par sa réélection controversée. Parmi les plus emblématiques de ces défections figurent en tête celle de l’ancien député Bertrand Zibi Abeghe qui avait jeté son écharpe à Ali Bongo en pleine campagne présidentielle. Avant de se rallier à l’opposant Jean Ping, par ailleurs beau-frère d’Ali Bongo.

Une lettre testamentaire poignante

Dans une lettre ouverte adressée le 13 juin qui a fuité depuis hier sur les réseaux sociaux, on apprend qu’Ali Bongo serait revenu à la charge pour obtenir le ralliement de son ancien frère et ami depuis une trentaine d’années. Il aurait même dépêché le 23 mai le patron de sa garde prétorienne pour négocier avec son prisonnier politique qui avait été arrêté manu militari au lendemain de l’attaque du quartier général de son rival Jean Ping, le 1er septembre 2016.

Le conciliation aurait ainsi eu lieu dans le bureau du commandant en chef de la sécurité pénitentiaire, le général Jean-Germain Effayong Onong. Ce, après l’avoir sorti expressément de prison pour cette seule entreprise. Non sans lui promettre d’autres représailles judiciaires s’il ne cèderait pas aux nouvelles avances du régime à son encontre. Le tout est contenu dans une lettre ouverte testamentaire publiée dans son intégralité notamment par nos confrères de LBVnews.

Les propositions du régime Bongo

"Le général OLIGUI m’a dit qu’il était envoyé par vous, pour discuter avec moi. J’ai écouté religieusement Monsieur OLIGUI", a souligné dans sa longue missive Bertrand Zibi Abeghe. Avant d’égrener les 6 propositions du palais présidentiel. La première de toute étant "une lettre de pardon et de remerciement, pour que vous me sortiez de prison", écrit-il. La seconde qui découle de la première étant que "il y’a des “faucons” qui sont en train de préparer d’autres accusations contre moi, cela en complicité avec de hauts magistrats, des officiers de forces de l’ordre et des services spéciaux".

La 3e est l’orchestration de l’assassinat programmé du prisonnier politique. "Autour de vous, certains parlent de me tuer d’ici le 13 septembre 2022 (date de ma fin de peine et de ma libération, après six ans). Cela se fera par empoisonnement, mutinerie à la prison centrale où l’armée sera obligée d’intervenir et je serai abattu d’une balle perdue", décrit Zibi Abeghe. La 4e de cette longue liste de propositions-menaces étant le poste de vice-président du pays.

...dont la vice-présidence du pays !

"Vous vous proposez, si j’accepte vos conditions, de me nommer au prestigieux poste de : VICE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU GABON. Pour travailler à vos côtés", relate l’ancien député du parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir depuis 1968). La 5e proposition concerne son indemnisation pour les 6 années passées en prison. "Vous vous proposez de m’indemniser financièrement en compensation des six ans que j’aurais passé en prison", avance le prisonnier.

Enfin, 6e et dernier motif d’inquiétude des autorités de Libreville, l’attente de sa sortie de prison prévue en septembre. "Selon vos services de renseignements, le peuple gabonais dans les neuf provinces du pays serait en train de se préparer à ma sortie de prison", écrit-il. Ce qui n’est pas du goût des autorités politiques gabonaises qui ne veulent surtout pas faire de ce prisonnier et opposant au régime de Libreville un "héros national".

Refus catégorique

Tous ces propositions ont été déclinées par l’intéressé qui est revenu sur les conditions de son arrestation et les nombreuses preuves fabriquées contre lui par le régime pour parvenir à son incarcération. Concernant le poste de vice-président, l’ancien député a indiqué : "Excellence monsieur le président, je suis très honoré par votre proposition sur ma modeste personne. Merci pour cette grande marque d’attention mais comme je vous l’avais déjà fait savoir en 2017, 2018 et 2019 lorsque vous me proposiez d’entrer au gouvernement, je ne suis pas intéressé par ces postes".

Et de marteler : "Je pense qu’autour de vous il y a des personnes qui sont prêtes à tuer père et mère pour ces postes, nommez-les". Avant de clamer : "Excellence Monsieur le Président de la République, pour ma part je ne vous demande qu’une seule et unique chose : LIBEREZ-MOI. Sortez-moi de la prison dans laquelle vous m’avez enfermé depuis trop longtemps. J’ai juste envie de reprendre ma vie, voir grandir mes enfants et surtout voir vieillir ma pauvre mère". Une nouvelle fin de recevoir qu’Ali Bongo et ses hommes apprécieront à sa juste valeur.

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