Bavure policière

Casseroles : les autorités gabonaises avouent à demi-mot une bavure policière à Port-Gentil

Casseroles : les autorités gabonaises avouent à demi-mot une bavure policière à Port-Gentil
La victime lors de son évacuation de l’hôpital de Port-Gentil pour celui militaire de Libreville © 2021 D.R./Info241

Alors que les autorités gabonaises continuent de nier leur responsabilité dans les évènements survenus jeudi soir en marge du concert des casseroles, le ministère de la Défense nationale a, dans un communiqué ce dimanche, reconnu une bavure policière à Port-Gentil. L’incident est survenu à Port-Gentil où un agent aurait « tiré » sur un manifestant du mouvement des casseroles. Ce civil, Roff Matombi Mandji, aurait ensuite été pris en charge et le pronostic vital de ce père de trois enfants ne serait plus engagé.

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Trois jours après les faits, le gouvernement gabonais commence à entrevoir sa responsabilité dans les violents heurts entre la police et des manifestants contestant les récentes mesures sanitaires annoncées le 12 février. Alors que deux morts ont été déplorés à Libreville, à Port-Gentil le ministère de la Défense a reconnu des « tirs » d’un agent des forces de l’ordre sur un manifestant désarmé qui se trouvait chez lui au moment des faits, selon ses proches.

La victime de « tirs » de la police à Port-Gentil

« Dans la soirée du 18 au 19 février 2021, des actes de pillage ont été perpétrés dans la ville de Port-Gentil, contraignant les Forces de défense et de sécurité à intervenir pour assurer le maintien de l’ordre public », indique d’entrée le communiqué officiel. Avant de révéler : « A cette occasion, un des contrevenants a été blessé. Très rapidement pris en charge, il a été évacué par hélicoptère militaire à l’Hôpital d’instruction des armées Omar Bongo Ondimba » de Libreville.

Une vue des blessures de ce jeune gabonais

Se voulant rassurant sur la santé du manifestant blessé par les forces de l’ordre, le ministère de la Défense nationale martèle que « le blessé a aussitôt reçu des soins appropriés. Son pronostic vital n’est, aujourd’hui, plus engagé ». Concernant l’auteur des tirs contre les manifestants, le ministère est resté très évasif : « L’auteur des tirs ayant été identifié, une enquête administrative est en cours pour faire toute la lumière sur les circonstances ayant conduit à cette situation ».

Une bavure qui montre bien l’usage disproportionné de la force par les forces de défense et de sécurité censées rester professionnelles lors de mission de « maintien de l’ordre ». Cette reconnaissance vient relancer la responsabilité de la police, accusée d’avoir user de balles réelles contre des manifestants. Une responsabilité que la justice gabonaise semble attribuer à des « inconnus cagoulés » plutôt qu’aux forces de l’ordre.

Comble de ce refus de responsabilité meurtrière, le ministre de la Défense a terminé son communiqué en apportant « son entier soutien à l’ensemble des Forces de sécurité et de défense du pays qui agissent avec un haut degré de professionnalisme et dans le strict respect de la déontologie professionnelle dans des conditions souvent difficiles, en particulier en cette période où elles sont très sollicitées en raison de la situation sanitaire ». Voilà qui est dit !


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