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Crise dans l’éducation

Criant à la grève « politique », le gouvernement gabonais veut radier les enseignants grévistes

Criant à la grève « politique », le gouvernement gabonais veut radier les enseignants grévistes
Criant à la grève « politique », le gouvernement gabonais veut radier les enseignants grévistes © 2021 D.R./Info241

Le bras de fer entre le gouvernement gabonais et les syndicats d’enseignants a franchi nouveau palier hier soir. Criant à une grève « politique » et la radicalisation des positions des grévistes, le ministère de l’Education nationale a désormais brandit le glaive des sanctions de radiation contre les enseignants qui n’auront pas regagné leur poste de travail depuis au moins 3 mois. Une façon de porter un grand coup après une mise sous bons de caisse qui n’aura pas pesé sur le mental des grévistes. Tout en annonçant un futur recrutement direct d’enseignants et un réaménagement du calendrier scolaire dans les tout prochains jours.

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Le gouvernement Ossouka Raponda continue de voir rouge face à la grève déclenchée par le Sena et la Conasysed qui se sont coalisés pour le faire plier face à leurs revendications restées peu ou mal accomplies par les autorités. Lundi soir, le gouvernement a vivement réagi face à cette grève en se braquant vertement pour obtenir à tout prix l’abandon de la grève par les enseignants. Non sans avoir précisé sa volonté de dialogue et la prise en compte d’au moins 5 de leurs grandes revendications.

La colère gouvernementale

Hier soir, c’est le conseiller technique 1 du ministre Patrick Mouguiama Daouda, William Johnson Awandjo, qui a déboulé sur le plateau de la télévision publique gabonaise pour brandir les nouvelles sanctions auxquelles s’exposent désormais les enseignants « rebelles ». Dénonçant une « orientation politique évidente » de la grève, le ministère a reconnu qu’elle avait d’abord été circonscrite au Grand Libreville avant de gagner l’ensemble du pays. Bien qu’évoluant le personnel gréviste qu’à 20%.

Le communiqué gouvernemental lu à la télévision publique

Prenant l’opinion à témoin, le ministère a évoqué plusieurs chiffres pour montrer sa bonne foi dans ce bras de fer qui perdure depuis la rentrée des classes du 25 septembre dernier. Avant de promettre que « Toutes les revendications des syndicats contenues dans leurs cahiers de charge sont prises en compte » avec une célérité que l’on connait de l’appareil administratif. Le gouvernement qui dit avoir délivré plusieurs attestations de régularisation des situations administratives des enseignants ces derniers, a reconnu que seuls 390 dossiers étaient encore dans le circuit des régularisations.

Pluie de sanctions contre les grévistes

Dans sa ligne de défense, le ministère de l’Education nationale a martelé avoir pris en compte 5 points de revendications : les mises en place de la commission ministérielle du dialogue social et celle des recrutements directs, le traitement effectif des régularisations des situations administratives, la construction des établissements scolaires et la réactivation de la commission bipartite des recrutements internes. Après avoir reçu les syndicats en colère pour faire le points de ces avancées, le ministre « marque son étonnement face à la persistance des positions radicales » affichées par certains grévistes.

D’où la salve de sanctions mises en place pour faire respecter les « dispositions règlementaires » encadrant la liberté syndicale. Ainsi, « Seuls les enseignants à leur poste de travail recevront leurs salaires, les autres en fonction de leurs positions », a prévenu le ministère. Les agents en grève ne recevront que le paiement de leurs allocations familiales et leur prime de logement. Ceux n’ayant pas regagné leur poste d’affectation seront frappés de suspension totale de solde. Quant aux enseignants absents de leur poste depuis au moins 3 mois, ils se verront radiés des effectifs.

Laissant ainsi les enseignants libres de choisir leurs sanctions : la grève ou le salaire. Une radicalisation tout de même des autorités qui se plaignent de celle des enseignants. Une tension telle que les prochains jours ne garantissent pas la paix sociale ou le « dialogue social » mis en place par le gouvernement. Un dialogue de sourds qui pourrait mettre à mal une année scolaire plus qu’explosive.

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