Crise sanitaire

Hôtellerie : le Méridien Ré-Ndama prive de salaire ses agents déjà en détresse

Hôtellerie : le Méridien Ré-Ndama prive de salaire ses agents déjà en détresse
Hôtellerie : le Méridien Ré-Ndama prive de salaire ses agents déjà en détresse © 2021 D.R./Info241

Le Gabon s’enlise chaque jour un peu plus dans la crise multidimensionnelle liée à la gestion « catastrophique » de la pandémie du coronavirus. Parmi les secteurs économiques qui font les frais des mesures prises par le gouvernement depuis 11 mois, il y a le tourisme. Une note d’information informe les employés de l’hôtel le méridien Ré-Ndama du non paiement de leur salaire déjà réduit à 50% dès cette fin de mois.

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Au Gabon, les conséquences néfastes liées à une gestion jugée calamiteuse et complètement disproportionnée de cette pandémie par le gouvernement, continuent de monter en surface. Le secteur du tourisme est l’un des plus impactés. En mars 2020, lors de la mise en place des toutes premières mesures restrictives, le gouvernement gabonais décidait de réquisitionner l’hôtel Méridien Ré-Ndama de Libreville. Cette structure hôtelière devait abriter les cas soupçonnés d’être atteints par la maladie. Ils y subissaient un séjour de 2 semaines au moins, car mis en quarantaine.

La note de la direction annonçant le non paiement de salaire

Seulement voilà. Au personnel (plus de 100 agents) privé de leur travail, il fallait des mesures d’accompagnement. C’est alors que la direction de l’hôtel, conformément à un arrêté gouvernemental pris en ce temps, il leur a été accordé 50% de leurs revenus mensuel chaque fin de mois. N’ayant pas le choix, ces pères et mères de familles durent accepter, le sang dans les yeux, ce compromis.

Au terme des délais prescrits par le gouvernement, grande sera d’abord l’étonnement de ces derniers de ne pas aussitôt reprendre du servie. Contactée, la direction de l’établissement leur signifiera que les locaux étaient encore en travaux. Mais ces derniers n’ont que très peu confiance en leurs dirigeants. Réunis autour de leur syndicat, ils durent organiser plusieurs manifestations tendant à susciter une réaction de leur direction, allant dans le sens de la reprise de leurs activités. Il n’en fut rien.

C’est dans cette indifférence notoire qu’ils ont décidé de regagner le piquet de grève depuis près d’un mois déjà. Entre temps, trois de leurs collègues sont décédés. Certainement précarisés par cette situation qui dure bientôt un an. Et c’est d’ailleurs en se rentrant aux funérailles d’un de ces collègues disparus, dont la dépouille est sortie ce jeudi 18 février, qu’une note de service de la direction va porter à leur connaissance ceci : « Nous venons par la présente note, vous informer que compte tenu des difficultés de trésorerie que traverse notre société et malgré toutes les démarches entreprises à ce jour par la direction de l’hôtel pour lever des financements, nous serons dans l’incapacité de payer les 50% de l’indemnité de chômage technique à compter de ce mois de février 2021 ».

Une situation bien troublante pour cette jeune employée qui a requis l’anonymat :
C’est tellement dérangeant notre situation. Nous sommes dans l’imbroglio le plus total. Et là, on arrive pas à comprendre qu’il y a quelques jours, cette même direction a bien commencé à payer la quinzaine à certains d’entre nous. Pendant qu’on s’attend à ce qu’elle poursuive avec ce processus, nous sommes surpris de trouver cette note qui n’augure rien de bon. Déjà que la note ne précise pas le temps nécessaire pour lui de trouver des solutions palliatives pour nous. Du coup, nous comprenons ça comme un désengagement total qui paraît provisoire, alors qu’il peut être définitif”.

En dépit du semblant de bonne volonté de la direction générale de l’hôtel Méridien Ré-Ndama, le doute et la désolation sont en train de s’emparer des maigres espoirs de ces travailleurs qui, sans interlocuteurs sérieux et soucieux, craignent plus qu’avant de sombrer silencieusement dans l’inconfort du chômage endémique au Gabon.


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