Disparition

André Mba Obame : 7 ans après, la lutte pour le changement au Gabon se poursuit !

André Mba Obame : 7 ans après, la lutte pour le changement au Gabon se poursuit !
André Mba Obame : 7 ans après, la lutte pour le changement au Gabon se poursuit ! © 2022 D.R./Info241

Ce 12 avril a marqué la 7e année de la disparition de l’opposant gabonais André Mba Obame (1957-2015). Ancien hiérarque du parti au pouvoir, il avait démissionné du Parti démocratique gabonais (PDG), pour se lancer dans l’opposition à la mort de son « père » Omar Bongo en 2009. Un passage dans l’opposition qui lui aura permis de se présenter à la présidentielle de la même année et de fonder avec d’autres l’Union nationale (UN, opposition radicale) avant de finalement trouver la mort en 2015 des suites d’une maladie. Retour sur un parcours.

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André Mba Obame est né dans la province de Woleu-Ntem le 15 juin 1957 à Medouneu (Woleu-Ntem). Il est mort le 12 avril 2015 à Yaoundé (Cameroun). Figure importante de la vie politique gabonaise, il a d’abord été le protégé d’Omar Bongo Ondimba, est devenu ministre de l’Intérieur avant de prendre la tête de l’opposition à Ali Bongo Ondimba, en 2009.

Un parcours pas comme les autres

C’est à Medouneu qu’André Mba Obame fait ses premières classes. Passé du primaire pour le secondaire, il va poursuivre ses études au séminaire Saint Kizito d’Oyem. Quelques années plus tard, il va s’envoler pour la capitale administrative Libreville, au séminaire Saint Jean. L’obtention avec succès de son baccalauréat au lycée national Léon Mba, va l’emmener à prendre la direction de l’Europe, en France. Ainsi, il s’inscrit à l’université de Laval.

L’illustre disparu

Après sa maîtrise, André Mba Obame rejoint l’université Panthéon-Sorbonne où il obtient un doctorat en sciences politiques. Ce qui va littéralement changer sa vie d’homme religieux. Fort de cette expérience intellectuelle, il décide de ce fait, de faire un retour au Gabon son pays natal afin de contribuer à l’évolution politique, économique, infrastructurel du pays. C’est de cette volonté participative qu’André Mba Obame a été reçu par feu Omar Bongo Ondimba en audience. Les deux hommes avaient longuement échangé ce jour afin de sortir le Gabon du parti unique.

L’entrée en politique

En 1990 après être rentré au cabinet présidentiel d’Omar Bongo après l’avènement du multipartisme, André Mba Obame s’est vu remettre les clés du ministère de l’Agriculture ainsi que celui des Droits de l’homme et des Relations avec les assemblées. Un an plus tard, il devra quitter le gouvernement à cause d’une révision de la Constitution gabonaise qui avait fixé l’âge minimum pour exercer une fonction ministérielle à 35 ans. Malgré ce remue-ménage, il est nommé secrétaire général adjoint de la Présidence de la République.

Lors des élections législatives de 1996, André Mba Obame est élu député du 1er siège du département du Haut Komo. En 1997, AMO devient ministre des Relations avec les institutions constitutionnelles, porte-parole du gouvernement. Lors des élections présidentielles de 1998, en février 1999, il s’est vu octroyé la gestion du ministère de l’Education nationale, porte-parole du gouvernement. En 2002, celui qu’on appelait le « jumeau d’Ali Bongo Ondimba », a occupé le poste de ministre de la Solidarité nationale, des Affaires sociales et du Bien-être.

Le réveil à l’opposition

Son indéfectible attachement avec la famille au pouvoir l’a emmené en 2005, au plus haut rang du gouvernement, entre autre à la tête du ministère de l’Intérieur après sa participation fracassante à l’élection présidentielle au coté d’Omar Bongo. Sauf que quelques années après cette présidentielle de 2005, un évènement va marquer sa carrière politique. En effet, celui qu’il considérait comme son « père spirituel » a tiré sa révérence à Barcelone en Espagne où il était hospitalisé pour des raisons de santé.

La campagne présidentielle de 2009

Depuis la Catalogne, André Mba Obame en rédempteur, va lancer le 17 juillet 2009 son « appel de Barcelone ». Une déclaration dans laquelle il a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle de 2009. Il terminera officiellement 3e de ce scrutin derrière Ali Bongo déclaré vainqueur, et l’opposant historique Pierre Mamboundou. Malgré cette défaite, il restera un opposant farouche à son « frère » Ali Bongo jusqu’à sa mort.

Fin de parcours

Soutenu par certains hommes politiques de l’opposition désirant le changement et l’alternance politique au sommet de l’État, c’est dans cette optique qu’en avril 2010, ils fondent un parti politique dénommé « Union Nationale ». En janvier 2011, après une élection présidentielle pleine de contestations, de violences multiformes, il a prêté serment sur sa télévision privée TV+ et annoncé un gouvernement parallèle à celui d’Ali Bongo.

Quelques heures après cette déclaration qui a créé la panique au sein du pouvoir, l’UN est dissoute. Son immunité parlementaire à l’Assemblée nationale sera rapidement levée. Pourchassé par les autorités « officielles », il se refugiera dans les locaux du PNUD à Libreville avec certains des membres de son gouvernement. Des négociations seront ouvertes, AMO pu n’être plus inquiété de représailles de la part de son « frère » ennemi Ali Bongo qui voulait en découdre.

Accumulant des soucis de santé, André Mba Obame n’était plus très présent sur la politique nationale gabonaise. C’est le 12 avril 2015, à Yaoundé (Cameroun) qu’il trouvera la mort refugié d’abord en Afrique du Sud. Ses obsèques avaient donné là encore des sueurs froides au régime d’Ali Bongo devant la marée humaine qui souhaitait malgré les interdictions de lui rendre un vibrant hommage. L’UN, restera sa principale œuvre politique aujourd’hui disputée par ses poursuivants.

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