« Un candidat, un projet » : Bilie-By-Nzé adroit et moqué par les internautes gabonais

90 minutes. C’est tout ce qu’il aura fallu à Alain Claude Bilie-By-Nzé pour enflammer la toile gabonaise. À l’issue de son passage très attendu vendredi soir dans l’émission « Un candidat, un projet », l’ancien Premier ministre d’Ali Bongo, aujourd’hui en campagne pour la présidentielle gabonaise du 12 avril, a provoqué un raz-de-marée de commentaires contrastés sur les réseaux sociaux.

Et dans ce grand défouloir numérique qu’est YouTube, les Gabonais ne se sont pas gênés pour distribuer les bons (et les très mauvais) points. S’ils ont relevé l’élégance oratoire, plusieurs Gabonais n’ont pas manqué de grincer des dents. Car la rhétorique ne remplace pas le bilan. Et lorsque l’on gratte le vernis, la mémoire collective rappelle que cet homme fut l’un des visages d’un pouvoir honni, dont il fut à la fois le communicant, le bouclier, et parfois, le sabre.
« Un cours magistral de politique »
À en croire les internautes, Alain Claude Bilie-By-Nzé n’a pas seulement parlé : il a donné une masterclass.
« Je vous assure, ce type est un génie en politique. Il n’a pas son égal au Gabon. » — @IrnabMbandong
« Un monstre politique. Une lumière. C’est effrayant ! » — @johnnymanchini6822
« Cours de politique. Ouvrez vos cahiers. » — @jehomoualele4111
D’aucuns voient même en lui un modèle de leadership gabonais « à l’ancienne », à la fois charismatique, posé et redoutablement préparé.
Les journalistes ? « Ridiculisés »
Mais si Bilie-By-Nzé a brillé, c’est aussi (et surtout) parce que ses interlocuteurs du soir ont coulé .
« Les journalistes n’étaient pas à la hauteur. Ils étaient perdus. » — @PierreNZE-l2i
« Agaya, tu rebondis comme un ballon de foot. » — @ElnoMbadinga
« Ce n’était plus un débat, c’était un procès raté. » — @HanceDarlingEYEBEBEYEME
Les internautes dénoncent une préparation bâclée, un ton agressif , et une volonté mal dissimulée de déstabiliser le candidat. Résultat : un boomerang retourné de plein fouet sur les « journaleux ».
Entre repentance politique et rédemption en direct
Alors qu’il traîne un lourd passif dans le régime déchu, Bilie-By-Nzé a tenté la carte du mea culpa. Et à la surprise générale, ça a (presque) marché.
« Cet homme mérite notre pardon. » — @BaurelMONDJOLeM13
« Il a demandé pardon. On lui donne sa chance. » — @EstelleMoukongo
« J’ai retourné ma veste. Je vais voter pour lui. » — @jennifermakosso7155
Un vent de « pardon » souffle donc sur les réseaux. Sincérité ou calcul électoral ? Les Gabonais oscillent entre bienveillance et méfiance.
Mais tout le monde n’a pas été dupé
Certains internautes refusent de se laisser séduire par le verbe affûté de l’ex-porte-parole du pouvoir :
« C’est un beau parleur. Mais on ne mange pas les mots. » — @franckmihindou8282
« Il a trop bien menti. Même Satan prendrait des notes. » — @SabyAuriohl
« Le roi du retournement de veste. À fuir. » — @RankSymphoreMoutsengha-n1m
Le verbe peut séduire, mais le passé, lui, colle à la peau.
Verdict ? Bilie-By-Nzé, champion (temporaire) des réseaux
Après le passage la veille de l’unique femme en lice dans cette course présidentielle, Bilie-By-Nzé a réussi à créer le buzz, imposer le respect, et faire parler. Beaucoup. Mais ce « come-back » orchestré à la perfection pourrait bien être éphémère si la réalité des urnes le rattrape.
Comme l’écrivait l’un des internautes, en forme de punchline finale : « Il a donné une leçon ce soir. Mais maintenant, c’est à nous d’écrire la suite ».
@info241.com
